jeudi 26 juillet 2018

La cantatrice chauve de Eugène Ionesco

La Cantatrice chauve est la première pièce de théâtre écrite par Eugène Ionesco. La première représentation a eu lieu le 11 mai 1950 au théâtre des Noctambules dans une mise en scène de Nicolas Bataille. Cette œuvre du théâtre de l'absurde fut publiée pour la première fois le 4 septembre 1950 par le Collège de Pataphysique, qui promeut une philosophie et édite des textes basés sur l'absurde.

Depuis 1957La Cantatrice chauve est jouée au théâtre de la Huchette, devenant l'une des pièces comptant le plus de représentations en France.
La Cantatrice chauve a reçu un Molière d'honneur en 1989.

L'idée de la pièce est venue à Ionesco lorsqu'il a essayé d'apprendre l'anglais par le biais de la méthode Assimil. Frappé par la teneur des dialogues, à la fois très sobres et étranges mais aussi par l'enchaînement de phrases sans rapport, il décide d'écrire une pièce absurde intitulée l'anglais sans peine. Mais ce titre ne plaît pas au metteur en scène, celui-ci désire changer ce titre trop proche de L'Anglais tel qu'on le parle, de Tristan Bernard. Ce n'est qu'après un trou de mémoire, lors d'une répétition, que le titre de la pièce est fixé : le comédien qui jouait le pompier transforma « institutrice blonde » en « cantatrice chauve ». Ionesco, dans la salle, se lève d'un bond et s'écrie : C'est le titre ! Depuis, il n'a pas changé...

Ionesco s'inspire de la méthode Assimil, mais dans Notes et contre-notes, il explique que l'absurde est venu se surajouter à la simple copie du manuel d'apprentissage. L'absurde devient le moteur de la pièce, car Ionesco a le projet de “grossir les ficelles de l'illusion théâtrale”.

Si vous voulez voir une représentation:





jeudi 21 juin 2018

Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos

Les Liaisons dangereuses, sous-titré Lettres recueillies dans une société et publiées pour l’instruction de quelques autres, est un roman épistolaire écrit par Pierre Choderlos de Laclos et publié en 1782.

Résumé

Au petit jeu du libertinage, l'adorable Valmont et la délicieuse Madame de Merteuil se livrent à une compétition amicale et néanmoins acharnée: c'est à celui qui aura le plus de succès galants, et le moins de scrupules. Peu importent les sentiments, seule la jouissance compte. Les conquêtes se succèdent de part et d'autre, jusqu'à ce que Valmont rencontre la vertu incarnée : la présidente de Tourvel. Elle est belle, douce, mariée et chaste : en un mot, intouchable. Voilà une proie de choix pour Valmont: saura-t-il relever ce défi sans tomber dans les pièges de l'amour ? De lettre en lettre, les héros dévoilent leurs aventures, échangent leurs impressions et nous entraînent dans un tourbillon de plaisirs qui semble n'avoir pas de fin. 



Ce sulfureux roman a longtemps été censuré, ce qui ne l'a pas empêché de fasciner des générations de lecteurs et, plus près de nous, de captiver bon nombre de cinéastes : Les Liaisons Dangereuses de Stephen Frears mais aussi les adaptations de Roger Vadim, et de Milos Forman. --Karla Manuele

Écrit dans la langue admirable du XVIIIe siècle, ce roman par lettres a fait et fait toujours scandale. 

Un roman sulfureux, qui fit scandale en son temps, et qui n'en finit pas de fasciner ses lecteurs. 

Voici la bande-annonce du magnifique film de 1988 de Stephen Frears.



jeudi 24 mai 2018

Truismes de Marie Darrieussecq

Truismes est un roman de l'écrivain française Marie Darrieussecq publié en 1996. Ce roman a connu un grand succès. Il a été traduit dans plus de quarante pays.

Le roman se noue autour d’un thème principal, la transformation progressive de la narratrice en truie. Dans une veine semi-fantastique, une critique latente de la politique et du statut d’une femme dans la société émerge du récit. La narratrice se voit à travers un corps féminin sociologique. Le conflit psychologique vécu par elle, démontre la fragilité d’une femme qui se croyait ainsi sans bien comprendre ce qu’elle est réellement. Une émancipation s’opère à travers la transformation, et se révèle par l’acte final de la narratrice à l’encontre de son ancien directeur et surtout de sa mère. Ce roman renouvelle le questionnement autour du corps féminin et ce que veut dire être femme..


Sous la forme d’un monologue, elle nous confesse les premiers symptômes de cette mutation physique (sa chair qui s’arrondit et rosit jusqu’à la poussée de mamelles ou encore son aversion soudaine pour la charcuterie et son nouvel appétit pour les fleurs…), alors qu’elle partage sa vie routinière entre son travail de « démonstratrice-masseuse » dans une grande parfumerie et le logement de son compagnon assez rustre, Honoré rencontré à l’Aqualand. Mais derrière cette façade ordinaire, la romancière nous propulse très vite dans un monde aux accents loufoques voire paranormaux, où l’on découvre que la grande parfumerie chic s’apparente plus à une maison close, où les entretiens d’embauche s’effectuent à l’horizontale, les dîners romantiques se finissent en orgie et rafle policière ou encore séance photo douteuse pour affiche de propagande politique tandis que les catacombes de Paris regorgent de crocodiles…

vendredi 20 avril 2018

Les jardins du roi de Fatéma Oufkir

Le récit de la vie de la veuve du général Oufkir, l’homme de confiance d’Hassan II, qui fut abattu pour trahison. Fatéma a vécu la vie à la Cour, puis les effroyables geôles marocaines. Tel était un des aspects les plus sordide d’un régime qui enferma une épouse et ses 6 enfants durant 18 ans pour les « punir » de la trahison de leur mari et père.

« Fatéma Oufkir a tout connu du Maroc. Le protectorat, la vie à la cour du sultan Mohammed V, la lutte pour l'indépendance avec un certain Ben Barka, le mariage à seize ans avec un bel officier de l'armée française - Mohammed Oufkir -, la vie de palais quand son époux devient l'homme de confiance d'Hassan II. Et puis la douleur foudroyante : le général Oufkir officiellement "suicidé", abattu pour avoir, dit-on fomenté un complot contre son souverain. Vient alors la souffrance, la descente aux enfers dans Les Jardins du roi, ces geôles effroyables où la vengeance d'un monarque, pendant vingt ans, a voulu les faire disparaître, elle et ses six enfants. En vain, Aujourd'hui libre, Fatéma Oufkir évoque les années heureuses, la personnalité déroutante d'Hassan II, les complots, puis le temps du malheur, avec la farouche dignité d'une petite-fille de caïd berbère, qui analyse maintenant l'héritage épineux du jeune Mohammed VI et l'espoir que suscite son accession au trône. Les Jardins du roi : le récit bouleversant d'un témoin qui nous fait découvrir tout un pan de l'histoire contemporaine, dans ses fastes comme dans ses abominations. »

Les ennuis de la famille Oufkir ont commencé en 1972, mais les années les plus terribles sont de 1975 à 1987 quand la famille Oufkir disparu totalement sans contact avec l’extérieur. Il a fallu que quatre des enfants parviennent à s’évader et à témoigner sur leurs conditions de détention au micro de RFI, pour que leur sort s’améliore. Les quatre évadés sont vite repris, mais l’opinion internationale une fois alertée leurs conditions de vie s’améliorent sensiblement jusqu’en 1991, l’année où leur détention a été commuée en assignation à résidence à Rabat. Trois membres de la famille parviendront, dans des conditions rocambolesques à fuir vers l’Espagne, les autres seront en 1996 autorisés à se réfugier en France.

mercredi 21 mars 2018

Les nombres de 0 à 20

La préférence nationale de Fatou Diome

La préférence nationale est un recueil de nouvelles écrit par Fatou Diome et publié en 2001 par Présence africaine.

Le recueil est composé de six nouvelles: La Mendiante et l'Ecolière, Le Visage de l'emploi, La Préférence nationale,  Cunégonde à la bibliothèque et Le Dîner du professeur.

De son île natale au sol français, de la mendiante au professeur, de ses émois à ses récentes déceptions, c'est un triple voyage - géographique, social et mental - auquel nous convie la narratrice de ce recueil. Usant d'une langue incisive et colorée, la jeune romancière et poétesse sénégalaise y dépeint toute la brutalité des sociétés traditionnelles. Sombre tableau que vient animer l'allégresse féroce du style et tempérer la douce nostalgie irradiant des premières années villageoises et de la solidarité des pauvres.

Professeure de français,Fatou Diome, la Sénégalaise obstinée, l'est à présent devenue. Douée pour les études, mariée à un Français puis divorcée, après avoir travaillé comme femme de ménage, elle a écrit ce premier livre de nouvelles autobiographiques: une réussite!

Une sacrée leçon de vie et de courage qu'elle nous livre dans La préférence nationale, récit émaillé de citations africaines empreintes de bon sens, points de repère dans un monde où la loi du plus fort s'exerce plus que de raison,aussi bien en Afrique où le patriarche a tous les droits qu'en France où les bourgeois bourrés d'idées préconçues affichent leur mépris sans vergogne.

mercredi 21 février 2018

Le sumo qui ne pouvait pas grossir de Eric-Emmanuel Schmitt

Jun est un adolescent de 15 ans (ou 10 ans selon les éditions), il s'est enfui de chez lui, car il refuse de parler à sa famille. Son père s'est jeté du dixième étage et sa mère est, quant à elle un pure ange, c'est une femme généreuse, attentionnée et qui aime tout le monde. Tout le monde sauf Jun, son fils, pense-t-il.

Jun vend de petites bricoles dans les rues de Tokyo que les habitants appellent « cochonneries », mais sa rencontre avec un maître de sumo nommé Shomintsu va littéralement changer sa vie. Ce dernier va le harceler en lui disant qu'il voit un « gros en lui », mais Jun en fait abstraction et se fiche de ce que lui dit Shomintsu. Pourtant, un jour, il accepte de se rendre à un combat de sumo dont il avait obtenu une place grâce au maître de sumo. À la suite de ce combat, il rejoint l'école de Shomintsu.


Alors, Jun découvre le monde insoupçonné de la force, de l'intelligence et de l'acceptation de soi. Il finit par grossir (95 kg) mais il perd toujours les combats. Le maître lui propose alors de faire du zen. Mais Jun refuse car il dit que c'est une religion et qu'il lui sera impossible d'atteindre le zen alors qu'il est plein de douleur et de violence. Il se laisse finalement convaincre et entre dans un autre monde : son esprit. Il apprend alors à se contrôler, à rester calme, à observer… Il apprend ce qu'est la maîtrise de soi-même.

Grâce à cette transformation intérieure, Jun gagne beaucoup de combats, il devient très heureux et rencontre une fille, Reiko, petite sœur du champion des champions de sumos Ashoryu formé à l'école de Shomintsu, qu'il admire et qu'il retrouve pour aller au cinéma et au restaurant.

Un jour, Jun décide de partir de l'école de Shomintsu, il explique à Reiko qu'il souhaite fonder une famille, qu'il ne recherche pas le succès et qu'il a été heureux d'apprendre la maîtrise de soi-même. Dans ses derniers instants, Shomintsu fait une déclaration très émouvante à Jun : il est son grand-oncle, le frère de sa grand-mère, l'oncle de sa mère. Sa mère l'avait chargé de veiller sur lui. Il lui explique alors que sa mère ne fait pas exprès d'être comme ça avec lui, qu'elle l'aime de tout son cœur et qu'elle est affreusement triste d'avoir vu son fils partir de chez elle. Illettrée, sa mère lui envoyait des lettres avec un objet, ou un signe qui disait beaucoup de choses, qui montrait sa souffrance du départ de son fils.

Très ému, Jun décida de partir voir sa mère avec son grand-oncle Shomintsu. Mais d'abord il passa chez Reiko et lui dit : « Je vois une grosse en toi ».

Cliquez ICI pour lire le premier chapitre de ce livre.

jeudi 11 janvier 2018

L'alouette de Jean Anouilh

L'Alouette est une pièce de théâtre en un acte de Jean Anouilh créée au théâtre Montparnasse (Paris) le 16 octobre 1953.
Elle fait partie des Pièces costumées avec Becket ou l'Honneur de Dieu (1959) et La Foire d'empoigne (1962).

Jeanne d'Arc, l'Alouette, est à Rouen, face à ses juges. La pièce alterne entre les scènes d'accusation de l'évêque Cauchon, de l'Inquisiteur, du promoteur, du comte de Warwick et les flash back qui retracent la vie publique de la pucelle. Jeanne tour à tour naïve et insolente, toujours pleine de bon sens, tient tête. Pourtant, devant les assauts répétés de ses contradicteurs, elle consent à renier ses actes et ses certitudes passées pour échapper au bûcher. Mais dans un ultime acte d'héroïsme, elle revient sur son abjuration et assume de devenir le personnage hors du commun qu'au fond d'elle, elle souhaite être.

Dans un ultime flash back, la pièce se finit en apothéose sur une Jeanne d'Arc triomphante au sacre de Charles VII.

Pour Anouilh, Jeanne d'Arc n'est pas morte brûlée sur le bûcher, elle est la femme éternelle plus que la sainte de l'Histoire de France. Elle est immortelle car elle représente un concept : celui de la Liberté, de l'intelligence, du bon sens, de la sagesse du peuple, de l'indépendance face à la sottise bornée des puissants et des institutions établies dans leurs certitudes souvent creuses. Une pièce magnifique, pleine d'humour et de philosophie.