jeudi 24 mai 2018

Truismes de Marie Darrieussecq

Truismes est un roman de l'écrivain française Marie Darrieussecq publié en 1996. Ce roman a connu un grand succès. Il a été traduit dans plus de quarante pays.

Le roman se noue autour d’un thème principal, la transformation progressive de la narratrice en truie. Dans une veine semi-fantastique, une critique latente de la politique et du statut d’une femme dans la société émerge du récit. La narratrice se voit à travers un corps féminin sociologique. Le conflit psychologique vécu par elle, démontre la fragilité d’une femme qui se croyait ainsi sans bien comprendre ce qu’elle est réellement. Une émancipation s’opère à travers la transformation, et se révèle par l’acte final de la narratrice à l’encontre de son ancien directeur et surtout de sa mère. Ce roman renouvelle le questionnement autour du corps féminin et ce que veut dire être femme..


Sous la forme d’un monologue, elle nous confesse les premiers symptômes de cette mutation physique (sa chair qui s’arrondit et rosit jusqu’à la poussée de mamelles ou encore son aversion soudaine pour la charcuterie et son nouvel appétit pour les fleurs…), alors qu’elle partage sa vie routinière entre son travail de « démonstratrice-masseuse » dans une grande parfumerie et le logement de son compagnon assez rustre, Honoré rencontré à l’Aqualand. Mais derrière cette façade ordinaire, la romancière nous propulse très vite dans un monde aux accents loufoques voire paranormaux, où l’on découvre que la grande parfumerie chic s’apparente plus à une maison close, où les entretiens d’embauche s’effectuent à l’horizontale, les dîners romantiques se finissent en orgie et rafle policière ou encore séance photo douteuse pour affiche de propagande politique tandis que les catacombes de Paris regorgent de crocodiles…

vendredi 20 avril 2018

Les jardins du roi de Fatéma Oufkir

Le récit de la vie de la veuve du général Oufkir, l’homme de confiance d’Hassan II, qui fut abattu pour trahison. Fatéma a vécu la vie à la Cour, puis les effroyables geôles marocaines. Tel était un des aspects les plus sordide d’un régime qui enferma une épouse et ses 6 enfants durant 18 ans pour les « punir » de la trahison de leur mari et père.

« Fatéma Oufkir a tout connu du Maroc. Le protectorat, la vie à la cour du sultan Mohammed V, la lutte pour l'indépendance avec un certain Ben Barka, le mariage à seize ans avec un bel officier de l'armée française - Mohammed Oufkir -, la vie de palais quand son époux devient l'homme de confiance d'Hassan II. Et puis la douleur foudroyante : le général Oufkir officiellement "suicidé", abattu pour avoir, dit-on fomenté un complot contre son souverain. Vient alors la souffrance, la descente aux enfers dans Les Jardins du roi, ces geôles effroyables où la vengeance d'un monarque, pendant vingt ans, a voulu les faire disparaître, elle et ses six enfants. En vain, Aujourd'hui libre, Fatéma Oufkir évoque les années heureuses, la personnalité déroutante d'Hassan II, les complots, puis le temps du malheur, avec la farouche dignité d'une petite-fille de caïd berbère, qui analyse maintenant l'héritage épineux du jeune Mohammed VI et l'espoir que suscite son accession au trône. Les Jardins du roi : le récit bouleversant d'un témoin qui nous fait découvrir tout un pan de l'histoire contemporaine, dans ses fastes comme dans ses abominations. »

Les ennuis de la famille Oufkir ont commencé en 1972, mais les années les plus terribles sont de 1975 à 1987 quand la famille Oufkir disparu totalement sans contact avec l’extérieur. Il a fallu que quatre des enfants parviennent à s’évader et à témoigner sur leurs conditions de détention au micro de RFI, pour que leur sort s’améliore. Les quatre évadés sont vite repris, mais l’opinion internationale une fois alertée leurs conditions de vie s’améliorent sensiblement jusqu’en 1991, l’année où leur détention a été commuée en assignation à résidence à Rabat. Trois membres de la famille parviendront, dans des conditions rocambolesques à fuir vers l’Espagne, les autres seront en 1996 autorisés à se réfugier en France.