mercredi 21 mars 2018

Les nombres de 0 à 20

La préférence nationale de Fatou Diome

La préférence nationale est un recueil de nouvelles écrit par Fatou Diome et publié en 2001 par Présence africaine.

Le recueil est composé de six nouvelles: La Mendiante et l'Ecolière, Le Visage de l'emploi, La Préférence nationale,  Cunégonde à la bibliothèque et Le Dîner du professeur.

De son île natale au sol français, de la mendiante au professeur, de ses émois à ses récentes déceptions, c'est un triple voyage - géographique, social et mental - auquel nous convie la narratrice de ce recueil. Usant d'une langue incisive et colorée, la jeune romancière et poétesse sénégalaise y dépeint toute la brutalité des sociétés traditionnelles. Sombre tableau que vient animer l'allégresse féroce du style et tempérer la douce nostalgie irradiant des premières années villageoises et de la solidarité des pauvres.

Professeure de français,Fatou Diome, la Sénégalaise obstinée, l'est à présent devenue. Douée pour les études, mariée à un Français puis divorcée, après avoir travaillé comme femme de ménage, elle a écrit ce premier livre de nouvelles autobiographiques: une réussite!

Une sacrée leçon de vie et de courage qu'elle nous livre dans La préférence nationale, récit émaillé de citations africaines empreintes de bon sens, points de repère dans un monde où la loi du plus fort s'exerce plus que de raison,aussi bien en Afrique où le patriarche a tous les droits qu'en France où les bourgeois bourrés d'idées préconçues affichent leur mépris sans vergogne.

mercredi 21 février 2018

Le sumo qui ne pouvait pas grossir de Eric-Emmanuel Schmitt

Jun est un adolescent de 15 ans (ou 10 ans selon les éditions), il s'est enfui de chez lui, car il refuse de parler à sa famille. Son père s'est jeté du dixième étage et sa mère est, quant à elle un pure ange, c'est une femme généreuse, attentionnée et qui aime tout le monde. Tout le monde sauf Jun, son fils, pense-t-il.

Jun vend de petites bricoles dans les rues de Tokyo que les habitants appellent « cochonneries », mais sa rencontre avec un maître de sumo nommé Shomintsu va littéralement changer sa vie. Ce dernier va le harceler en lui disant qu'il voit un « gros en lui », mais Jun en fait abstraction et se fiche de ce que lui dit Shomintsu. Pourtant, un jour, il accepte de se rendre à un combat de sumo dont il avait obtenu une place grâce au maître de sumo. À la suite de ce combat, il rejoint l'école de Shomintsu.


Alors, Jun découvre le monde insoupçonné de la force, de l'intelligence et de l'acceptation de soi. Il finit par grossir (95 kg) mais il perd toujours les combats. Le maître lui propose alors de faire du zen. Mais Jun refuse car il dit que c'est une religion et qu'il lui sera impossible d'atteindre le zen alors qu'il est plein de douleur et de violence. Il se laisse finalement convaincre et entre dans un autre monde : son esprit. Il apprend alors à se contrôler, à rester calme, à observer… Il apprend ce qu'est la maîtrise de soi-même.

Grâce à cette transformation intérieure, Jun gagne beaucoup de combats, il devient très heureux et rencontre une fille, Reiko, petite sœur du champion des champions de sumos Ashoryu formé à l'école de Shomintsu, qu'il admire et qu'il retrouve pour aller au cinéma et au restaurant.

Un jour, Jun décide de partir de l'école de Shomintsu, il explique à Reiko qu'il souhaite fonder une famille, qu'il ne recherche pas le succès et qu'il a été heureux d'apprendre la maîtrise de soi-même. Dans ses derniers instants, Shomintsu fait une déclaration très émouvante à Jun : il est son grand-oncle, le frère de sa grand-mère, l'oncle de sa mère. Sa mère l'avait chargé de veiller sur lui. Il lui explique alors que sa mère ne fait pas exprès d'être comme ça avec lui, qu'elle l'aime de tout son cœur et qu'elle est affreusement triste d'avoir vu son fils partir de chez elle. Illettrée, sa mère lui envoyait des lettres avec un objet, ou un signe qui disait beaucoup de choses, qui montrait sa souffrance du départ de son fils.

Très ému, Jun décida de partir voir sa mère avec son grand-oncle Shomintsu. Mais d'abord il passa chez Reiko et lui dit : « Je vois une grosse en toi ».

Cliquez ICI pour lire le premier chapitre de ce livre.

jeudi 11 janvier 2018

L'alouette de Jean Anouilh

L'Alouette est une pièce de théâtre en un acte de Jean Anouilh créée au théâtre Montparnasse (Paris) le 16 octobre 1953.
Elle fait partie des Pièces costumées avec Becket ou l'Honneur de Dieu (1959) et La Foire d'empoigne (1962).

Jeanne d'Arc, l'Alouette, est à Rouen, face à ses juges. La pièce alterne entre les scènes d'accusation de l'évêque Cauchon, de l'Inquisiteur, du promoteur, du comte de Warwick et les flash back qui retracent la vie publique de la pucelle. Jeanne tour à tour naïve et insolente, toujours pleine de bon sens, tient tête. Pourtant, devant les assauts répétés de ses contradicteurs, elle consent à renier ses actes et ses certitudes passées pour échapper au bûcher. Mais dans un ultime acte d'héroïsme, elle revient sur son abjuration et assume de devenir le personnage hors du commun qu'au fond d'elle, elle souhaite être.

Dans un ultime flash back, la pièce se finit en apothéose sur une Jeanne d'Arc triomphante au sacre de Charles VII.

Pour Anouilh, Jeanne d'Arc n'est pas morte brûlée sur le bûcher, elle est la femme éternelle plus que la sainte de l'Histoire de France. Elle est immortelle car elle représente un concept : celui de la Liberté, de l'intelligence, du bon sens, de la sagesse du peuple, de l'indépendance face à la sottise bornée des puissants et des institutions établies dans leurs certitudes souvent creuses. Une pièce magnifique, pleine d'humour et de philosophie.